Alvine Pouhet revient de loin. Elle a traversé des décharges de cadavres, plongée dans la désolation d’une ville fantôme, baignée dans la peur de ne plus voir son fils de 6 ans et son époux. Elle a frôlé la mort. Aujourd’hui, la jeune dame a retrouvé la demeure familiale, au Cameroun, son pays. Elle devrait savourer le calme ambiant de la ville de Douala. Pourtant, tout lui laisse un goût amer.
Alvine garde le traumatisme de ceux qui ont côtoyé l’enfer, celui du Port-au-Prince. Péniblement, elle revit le film de la tragédie du 12 janvier dernier. Elle était alors assise devant l’ordinateur. Son fils s’amusait dans la pièce d’à côté et son mari se trouvait à son lieu de travail, à plusieurs kilomètre de leur résidence, sise dans un quartier huppé de Port-au-Prince. Tout à coup, Alvine ressent une violente secousse.
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Cameroun Service : Bonjour Mme POUHET
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET: Bonjour
Cameroun Service : Dans quelles circonstances et pour quelles raisons êtes-vous retrouvé à Haïti ?
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET:Je suis allée rejoindre mon époux qui travaille pour une ONG française installée en haiti (Port au Princes)
C.S. :Comment avez-vous vécu le séisme?
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET:J’étais dans la maison mon fils et moi,lui regardant la télé et moi dans la pièce à côté travaillant sur mon ordinateur quand subitement tout s’est mis à trembler. Le sol qui ondule, les murs qui bouger ma première réaction étant d’aller rejoindre mon fils qui était dans la pièce à côté,ne sachant pas quoi faire, je l’entraîne dans la chambre. Lorsque je réalise que ce n’est pas le lieu idéal pour nous protéger. Subitement tout s’arrête et là je sors avec lui de la maison et on se met dans la rue loin des bâtiments, arbres et des poteaux électriques. Nous passons la première nuit dans la rue la peur au ventre sur un sol qui continu à trembler (30 répliques de séisme) et le lendemain dans la matinée nous prenons la chemin de l’ambassade de France et découvrons l’horreur de la veille.
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C.S. :Nous avons appris le décès de la camerounaise LISA MBELA MBONG qui travaillait pour les nations unis à Port-au-Prince, la connaissiez vous ? Y aurait-il eu d’autres victimes Camerounaise ?
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET:
Je n’étais à port au prince que depuis 06 mois donc je n’ai pas eu le temps de fréquenter la colonie camerounaise s’y trouvant
C.S. :Comment êtes vous sorti du lieu du sinistre ?
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET:
C’est par le gouvernement français que nous sommes sorti du lieu du sinistre (Haïti)
C.S. :Quels ont été les efforts déployés par le gouvernement Haïtien pour secourir les populations ?
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET:
J’ai pas vécu les efforts du pays sinistré puisque parti 2 jours après le séisme
C.S. :Pour vous qui avez vécu l’événement quelle est l’ampleur des dégâts sur le terrain ?
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET:
C’est le chaos total, des pertes humaines énormes et la ville est détruite à 70%
C.S. : Le Gouvernement Camerounais par la personne du Chef de l’Etat a accordé une aide de 500 000 000 Fcfa qu’en pensez vous ?
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET:
C’est une très bonne chose et les haïtiens en ont besoin pour la reconstruction.
C.S. :Que pourrait être d’après vous la priorité en matière d’aide aux populations ?
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET:
De l’eau, à manger, l’électricité et des abris pour se protéger de l’extérieur
C.S. :Une conférence sur la reconstruction du Pays est en préparation .Quel avis auriez –vous à donner sur cette importante rencontre ?
Mme TOMEDI KUOH Anne Alvine Epse POUHET:
Que les Etats-Unis et l’Europe construisent haiti.
Interview réalisée par : Serge Andre ESSOMBE
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